Des messages privés dévoilent les coulisses des négociations à l’UFC
De récents messages privés échangés entre le matchmaker de l’UFC Mick Maynard et le manager Marcelo Brigadeiro ont fuité dans le cadre d’une affaire judiciaire au Brésil. Ces échanges révèlent de manière inédite les dessous des négociations contractuelles au sein de l’organisation. Au cœur de cette fuite : le combattant chinois Su Mudaerji. Son cas met en lumière le rapport de force entre managers et matchmakers, et montre que les performances sportives ne sont qu’un des nombreux critères pris en compte par l’UFC.
Comment les messages ont-ils été rendus publics ?
Les conversations ont été extraites d’une procédure judiciaire en cours au Brésil, où des dizaines de pages de messages WhatsApp ont été dévoilées. Parmi eux, un échange dans lequel Mick Maynard propose un nouveau contrat de quatre combats à Su Mudaerji via son manager Marcelo Brigadeiro :
« Nouveau contrat de 4 combats : 23/23 avec 3 000 $ supplémentaires par victoire ? »
Cela signifie : 23 000 dollars pour participer, 23 000 dollars supplémentaires en cas de victoire – soit 46 000 dollars (environ 44 000 €) par victoire. En bonus, une hausse de 3 000 dollars est prévue pour chaque victoire au fil du contrat.
Brigadeiro rejette l’offre, la jugeant trop basse, et la compare à celle d’un autre combattant chinois, Song Yadong, qui aurait obtenu un contrat à 45 000 / 45 000 dollars après seulement trois combats.
« À quoi bon avoir un manager s’il ne peut pas négocier un meilleur contrat, haha », écrit-il.
Mais Maynard répond sans détour :
« Il n’a encore affronté personne du top. Il doit prouver plus. »
Ce type d’échange démontre clairement comment l’UFC évalue la valeur d’un combattant : par ses performances, mais aussi par son niveau d’opposition.
Qui est Su Mudaerji ?
Su Mudaerji est un combattant chinois de MMA qui évolue à l’UFC dans les catégories des poids mouches (125 lbs) et coqs (135 lbs). Originaire de la province du Sichuan, il s’entraîne au sein du prestigieux Enbo Gedou Gym – un des camps les plus réputés de Chine.
Depuis ses débuts à l’UFC en 2018, Mudaerji s’est forgé une réputation de striker explosif. Au moment des discussions révélées, il affichait un bilan UFC de deux victoires pour une défaite, avec des succès notables contre Zarrukh Adashev et Andre Soukhamthath. Parmi ses 16 victoires en carrière, 13 ont été obtenues par KO/TKO.
Il est actuellement prévu qu’il affronte Jesús Santos Aguilar lors de l’événement UFC 326, prévu le 7 mars 2026. Un combat décisif, qui pourrait influencer non seulement son classement mais aussi son avenir contractuel.
Comment l’UFC structure-t-elle les salaires des combattants ?
Le modèle salarial de l’UFC repose sur un système dit « show and win ». En clair : un combattant reçoit un montant pour se présenter au combat, et un bonus égal en cas de victoire. Pour Su Mudaerji, l’offre était donc de 23 000 + 23 000 dollars, ce qui correspond aux contrats types pour des combattants non classés.
Pour obtenir un meilleur salaire, un combattant doit non seulement enchaîner les victoires, mais aussi affronter des adversaires de calibre supérieur. Mick Maynard insiste sur ce point dans ses messages :
« Il doit encore affronter des adversaires sérieux. Ensuite, on pourra en rediscuter. »
Cette logique montre que la progression financière dans l’organisation est conditionnée par les performances – mais aussi par le niveau de l’adversité.
Le rôle du manager reste limité
Marcelo Brigadeiro a tenté de défendre son client, en comparant sa situation à celle d’autres combattants mieux rémunérés. Mais dans les faits, les messages montrent que les managers disposent d’une marge de manœuvre réduite.
Maynard conserve la décision finale. Brigadeiro le reconnaît lui-même dans un message :
« J’essaie simplement de lui faire comprendre la réalité. »
Il indique également devoir faire appel à un traducteur pour expliquer la situation à Mudaerji, soulignant à quel point le système est opaque et contrôlé par l’organisation.
Quand le matchmaking devient un outil de pression
Un des éléments les plus frappants dans cette fuite est la manière dont le matchmaker semble utiliser le matchmaking comme levier. Face aux exigences salariales, Maynard suggère implicitement que Mudaerji pourrait être opposé à un adversaire plus coriace :
« Il va affronter un gars qui est à 3–2… voyons ce que ça donne, et on en reparle. »
Autrement dit : si tu veux plus d’argent, prouve que tu le vaux face à un adversaire plus dangereux.
Ce système pousse les combattants à accepter des combats risqués sans garantie contractuelle. La pression n’est pas seulement sportive – elle est également économique et stratégique.
Ce que cela signifie pour les fans et les combattants
Cette fuite révèle les dessous d’un système largement méconnu du grand public. Pour les fans, cela remet en question l’idée que les combats UFC sont uniquement basés sur le mérite ou les classements. Derrière chaque matchmaking, il y a des négociations salariales, des enjeux politiques, et des stratégies de long terme.
Pour les combattants, c’est un signal clair : il ne suffit pas de gagner. Il faut négocier habilement, choisir les bons combats et avoir un manager stratège. Une mauvaise négociation peut ralentir une carrière, ou la mettre en danger.
Parmi les phrases marquantes extraites des messages :
« Il ne vaut pas cet argent. »
« Oublions ce combat – on en trouvera un autre. »
« Je comprends ce que tu essaies de faire… mais ce n’est pas le bon moment. »





















